Depuis 1995, nous avons volontairement fait part de nos progrès au grand public. Et nous avons bel et bien progressé. Nous avons investi dans la technologie, augmenté le rendement énergétique et réduit l'intensité des émissions de GES à nos usines de sables pétrolifères de 45 % par rapport aux niveaux de 1990. Toutefois, nous savons qu'il est possible — et indispensable — d'en faire plus, car nos émissions absolues continuent d'augmenter.
Suncor estime que le meilleur moyen de réduire ses émissions de GES consiste à accroître la fiabilité et le rendement énergétique de toutes ses activités. Le thème de l'excellence en exploitation lancé en 2008 a pour but de revitaliser la vision de Suncor à cette fin.
Suncor continue d'investir dans les sources d'énergie renouvelable et de développer, en collaboration avec ses pairs, de nouvelles technologies de réduction des émissions de GES, notamment le captage et le stockage du carbone. À titre de développeur d'énergie responsable, nous continuons également de collaborer avec les administrations publiques et les autres parties intéressées aux nouvelles solutions d'intérêt public afin de trouver les moyens les plus efficaces de réduire les émissions globales de GES.
À l'heure actuelle, en 2009, nous réévaluons notre stratégie sur les GES à la lumière des préoccupations des intervenants et des politiques publiques émergentes. La nouvelle stratégie aidera Suncor à définir et à mettre en œuvre les mesures nécessaires pour satisfaire aux exigences futures des intervenants et des pouvoirs publics.
Pour la première fois, nous intégrons notre Rapport annuel sur le changement climatique à un document plus vaste, soit notre Rapport sur le développement durable. Dans cette section, nous proposons un survol de notre performance en 2008, puis nous expliquons les principaux défis que nous aurons à relever ainsi que nos priorités pour les prochaines étapes. Nous incluons également des détails sur la performance de chacune des unités commerciales de Suncor.
Notre performance
Les émissions de GES ont diminué en 2008 par rapport aux années précédentes, à la fois dans l'absolu et en intensité. Ces baisses, toutefois, n'ont pas contribué à améliorer le rendement. Elles sont la conséquence d'arrêts prolongés de l'une des unités d'hydroraffinage de sables pétrolifères, qui ont entraîné la production d'une plus grande proportion de pétrole brut acide, activité moins émettrice de GES. En outre, les arrêts inattendus de production survenus en 2008 ont abaissé le taux de production moyen bien en-dessous de la capacité potentielle de Suncor. Plus notre usine s'approche de sa capacité théorique, plus elle gagne en efficacité, sous l'effet des économies d'échelle. Même à un taux de production inférieur, il faut maintenir en marche une grande partie de l'infrastructure, qui consomme alors de l'énergie sans fournir de produit fini en contrepartie, d'où l'augmentation des émissions de GES par baril.
Vers la fin du premier trimestre de 2009, le regain d'attention accordé par Suncor à l'excellence en exploitation a mené à une amélioration de la fiabilité et de la productivité. Nous avons bien l'intention de poursuivre sur cette voie, ce qui devrait nous permettre de recommencer à réduire l'intensité carbonique de nos activités. La décision prise par Suncor en janvier 2009 de différer ses principaux projets de croissance jusqu'à ce que l'horizon économique se dégage aura pour effet de ralentir la croissance prévue de nos émissions absolues de GES.
Regard vers l’avenir
Nous restons fidèles à notre plan d'action en sept points sur le changement climatique. Avec ce plan, Suncor s'engage à gérer ses propres émissions, à développer des sources d'énergie renouvelable, à investir dans la recherche sur l'environnement et l'économie, à utiliser des mesures de compensation au pays et à l'étranger, à participer à l'élaboration des politiques, à sensibiliser les employés et le grand public ainsi qu’à mesurer et à rendre compte de ses progrès. Nous progressons sur tous ces fronts à la fois.
Au même moment, la crise économique mondiale qui a éclaté à l'automne 2008, et qui s'est accompagnée d'une chute brutale du prix des matières premières, a contraint Suncor à réévaluer ses priorités de dépense.
Il a fallu prendre quelques décisions difficiles. Par exemple, nous avons dû retarder la phase de construction d'un projet d'agrandissement de 120 millions $ de notre usine de production d'éthanol située près de Sarnia, en Ontario. Nous avons également opté pour le report d'une coentreprise avec Lignol Innovations ayant pour but la construction d'une usine d'éthanol cellulosique de 80 millions $US au Colorado.
Malgré cela, Suncor reste déterminée à suivre une « voie parallèle » dans le développement des ressources énergétiques en continuant de bâtir l'industrie des sables pétrolifères tout en appuyant l'émergence de nouvelles sources d'énergie pour demain à un rythme et à une échelle dignes de nos moyens financiers.
De même, nous travaillons sur plusieurs fronts pour faire progresser les nouvelles technologies qui permettront de réduire les émissions de GES. Nous continuons de participer aux initiatives du réseau ICO2N de l'industrie canadienne en vue d'améliorer la visibilité commerciale de la technologie de captage et de stockage du carbone (CSC). Nous sommes aussi un partenaire de longue date du projet de captage de carbone CCP (Carbon Capture Project), une démarche dans laquelle certaines des plus grandes sociétés du secteur énergétique mondial collaborent avec divers États à la tenue de programmes de recherche visant à faire du CSC une réalité.
Suncor continue d'investir dans d'autres technologies de conservation de l'énergie et de réduction des émissions de GES. Ainsi, nous étudions la gazéification transformant le coke de pétrole en gaz synthétique et les moyens qui pourraient nous permettre de maîtriser l'énergie géothermique profonde.
Suncor accueille favorablement les initiatives émergentes au Canada et aux États-Unis visant à élaborer des politiques plus ambitieuses sur l'énergie et le changement climatique. En ce qui concerne la réglementation sur le changement climatique, nous continuons de réclamer plus de clarté et de certitude (nos investisseurs souhaitant connaître les règles du jeu dès le départ), d'équité et de compétitivité (afin qu'aucune industrie ou région ne soit ciblée ou pénalisée injustement) et d'harmonisation entre les diverses compétences afin d'éviter les chevauchements et les complications inutiles.
Suncor considère l'échange des droits d'émission et autres mécanismes de fixation des prix comme des outils utiles pour maîtriser les coûts de la réduction des émissions de GES. Mais nous croyons aussi que pour assurer l'efficacité d'une politique sur le changement climatique, il faut accélérer le rythme de développement et de déploiement des nouvelles technologies qui transformeront la production et l'utilisation de l'énergie. Les politiques de plafonnement et d'échanges ne sont pas des moyens efficaces d'y parvenir. Nous avons plutôt besoin de politiques et de mesures complémentaires qui attireront de nouveaux capitaux à court et long termes.
Il faut se rappeler que sur le cycle de vie complet du produit, environ 75 à 80 % des émissions de GES par baril de pétrole se produisent à l'étape de la combustion de l'essence ou du carburant diesel dans le moteur des véhicules. Nous avons donc tous notre rôle à jouer pour réduire les émissions de GES.
Suncor observe de près les initiatives proposées par l'État de la Californie et par d'autres en vue d'établir des normes de carburant à faible teneur en carbone fossile. Les analyses sur cycle de vie du pétrole brut, qui semblent montrer l'absence d'écart significatif de l'intensité des émissions de carbone « du puits aux roues » entre le pétrole provenant de sables pétrolifères et celui provenant de sources plus classiques, notamment des importations de l'étranger, nous rassurent. Le fait de déplacer la source des émissions d'une région à l'autre n'avantagera aucunement l'atmosphère, mais pourrait en revanche aggraver les problèmes de sécurité énergétique et les préoccupations d'ordre social liés à la dépendance aux produits importés.

