Depuis que Suncor a commencé à exploiter les sables pétrolifères du Canada en 1967, nos opérations ont perturbé environ 17 749 hectares de terrain. À la fin de 2008, la compagnie avait remis en état environ 1 019 hectares soit à peu près 5,7 pour cent à ce jour de la superficie totale touchée.
La remise en état commence dès que le terrain perturbé ne fait plus partie des opérations actives. D’après Suncor, le taux de remise en état devrait s’accélérer considérablement du fait qu’il y a de plus en plus de terrains à réhabiliter.
Innovations récentes
Les techniques de remise en état évoluent et s’améliorent constamment. En 2007 et 2008, Suncor a beaucoup progressé en matière de rapidité et de qualité de remise en état des terrains perturbés.
Exploiter un filon de sables pétrolifères nécessite de creuser à une profondeur d’environ 50 mètres sous la surface. On stocke le sol retiré, que l’on appelle terrain de recouvrement, dans des zones de stockage des déblais, situées en général à proximité du lieu d’exploitation. Une fois le sol de recouvrement retiré et le minerai extrait, il se forme une cuvette. Ces cuvettes sont souvent remplies avec les résidus liquides du procédé d’extraction.
En 2007, Suncor a commencé la remise en état d’une zone de stockage de terrain de recouvrement de 50 hectares créée dans les années 90 à sa mine de Steepbank. Nous avons terminé la remise en état de la surface en 2008. Pour la première fois, nous avons récupéré de la terre de milieux secs que l’on trouve le long des escarpements des rivières Steepbank et Athabasca que nous avons utilisé plutôt que le sol marécageux que nous avions l’habitude d’utiliser lors de nos réhabilitations antérieures. Le sol est plus sec et, placé sur la zone de stockage, il reproduit les propriétés de drainage des escarpements, accélérant la régénération naturelle.
Les innovations ne s’arrêtent pas là. Certains des arbres coupés par Suncor pour faciliter l’exploitation minière ont été déchiquetés et répandus sur la décharge remise en état. Les débris protègent le sol du soleil, ce qui lui permet de rester plus humide et de faciliter ainsi une biodiversité plus vaste. De plus, environ 20 des arbres morts ou mourants suite aux opérations de déboisement de Suncor ont été placés à la verticale sur les terrains réhabilités. Il est prévu que ces « chicots », comme on les appelle, servent de perchoirs aux oiseaux de proie.
« Nous avons réellement innové sur cette décharge que les inspecteurs qui l’ont visitée ont qualifiée de "summum du genre" en matière de réhabilitation, déclare Melinda Mamer de Suncor, superviseur, Planification des remises en état. Nous collaborons avec les universités et des groupes-conseils sur des projets de recherche visant à affiner les techniques de remise en état sur ce site ».
Le délai d’une décennie entre la création de la décharge de Steepbank et sa remise en état est bien représentatif des efforts antérieurs de l’industrie. Suncor s’efforce maintenant de réhabiliter les terrains perturbés à mesure de leur création. La décharge de la mine 5, une zone de stockage des sols de recouvrement de la mine Millennium de Suncor, illustre bien le concept de remise en état progressive.
Dès sa création en 2008, Suncor a commencé la remise en état des 160 hectares de décharge de la mine 5. Les progrès réalisés ont permis de placer la terre végétale sur le terrain de recouvrement et de l’ensemencer de la culture habituelle d’orge pour sa protection dès le printemps 2009. Après fertilisation, le plantage des arbres suivra quelques mois plus tard.
« C’est la voie du futur, continue Mamer. La remise en état progressive fait maintenant partie intégrante de la planification des exploitations minières pour une amélioration en temps réel ».
Nous avons entamé les travaux sur un projet qui marque un tournant dans l’industrie, la première remise en état en surface d’un bassin de retenue des sables pétrolifères. 2007 et 2008 ont vu le projet de remplissage du bassin 1 de Suncor en vue de créer un sol ferme prêt à une remise en état finale.
Le problème de certification
D’aucuns se sont demandés pourquoi seulement une infime partie des terrains mentionnés par l’industrie des sables pétrolifère comme étant « réhabilités » avait été certifiée en tant que telle par les organismes de réglementation du gouvernement. Cela est dû en partie au fait que selon les règlements actuels, les compagnies ne peuvent postuler un certificat de remise en état que lorsque les terrains en question sont des écosystèmes à part entière - ce qui peut prendre des années. Par exemple, même lorsque la remise en état de la surface du bassin 1 de Suncor en sera à un stade avancé en 2010 et une fois que tous les arbres auront été plantés, il faudra au moins 15 ans de plus pour respecter la norme « liberté de croissance » requise pour la certification.
En outre, même lorsque la remise en état a franchi toutes les étapes de certification, l’industrie hésite à demander une certification dans le cadre actuel de la réglementation, et ce pour d’autres raisons. La Couronne récupère la propriété des terrains remis en état qui s’ouvrent alors au public. Comme la majorité des terrains réhabilités sont adjacents à des zones d’exploitation en cours ou carrément à l’intérieur de celles-ci, en autoriser l’accès comporte des risques pour la sécurité publique.
Perturbation des terrains et technologie in situ
Avec la croissance de l’industrie des sables pétrolifères, on s’attend à ce que le pourcentage de terrains perturbés diminue. Cela s’explique par l’utilisation de la technologie in situ pour l’extraction du pétrole qui vise à récupérer le bitume enfoui trop profondément pour être extrait avec des techniques d’exploitation minière. Les opérations in situ ne perturbent que 15 pour cent des terrains requis par une exploitation minière traditionnelle et ne produisent pas de bassins de retenue.
Il est vrai que les terres entourant les installations in situ sont défigurées par un réseau de routes, de lignes sismiques, de couloirs d’alimentation et de pipelines, mais il est possible d’atténuer un grand nombre de ces impacts par des innovations techniques et une meilleure gestion du terrain. Suncor a participé à la réalisation d’un équipement innovateur pour la construction de lignes sismiques à faibles impact permettant de réduire considérablement les surfaces de terrain perturbées par le gaz naturel, le développement in situ et les pipelines. Nous avons également conclu des accords sur le partage des meilleures pratiques et des infrastructures avec nos pairs de l’industrie et la compensation de l’incidence du développement sur l’habitat de la forêt boréale par des mesures de conservation.