En juin 2008, Suncor a annoncé son intention de dépenser 500 millions de dollars pour des projets d’énergie renouvelable au cours des cinq prochaines années - en plus des 250 millions de dollars qu’elle a déjà investis dans ce domaine au cours des dix dernières années. Nos investissements à ce jour portent sur quatre projets d’énergie éolienne déjà fonctionnels, soit un en Saskatchewan, deux en Alberta et un en Ontario, ainsi que sur notre installation de production d’éthanol à Mooretown (Ontario), dans la région de St. Clair.
Toutefois, la crise économique mondiale qui s’est déclarée à l’automne 2008, et qui a donné lieu à une chute brutale du prix des matières premières, a contraint la société à réévaluer ses priorités de dépense. Il a fallu prendre quelques décisions difficiles. Par exemple, nous avons décidé de retarder la phase de construction d’un projet d’agrandissement de 120 millions de dollars de notre usine de production d’éthanol dans l’attente de la reprise économique. Nous avons également opté pour le report d’une coentreprise de 80 millions de dollars US avec Lignol Innovation ayant pour but la construction d’une usine d’éthanol cellulosique au Colorado.
Suncor reste déterminée à suivre une « voie parallèle » dans le développement des ressources énergétiques en continuant de développer l’industrie des sables pétrolifères d’aujourd’hui tout en appuyant l’émergence de nouvelles sources d’énergie pour demain, comme l’énergie éolienne et les biocarburants, à un rythme et à une échelle dignes de nos moyens financiers.
Comme l’explique Gord Lambert, vice-président, Développement durable, « C’est grâce aux succès de nos activités principales dans les sables pétrolifères que nous avons pu investir ces sommes énormes dans l’énergie éolienne et les biocarburants. Nous agissons maintenant avec circonspection pour protéger la viabilité économique de ces activités principales et nous assurer la souplesse financière qui nous permettra de continuer à investir dans l’énergie renouvelable et les technologies environnementales. De sorte qu’il faudra peut-être prolonger cette période d’investissement de cinq ans. Mais, notre vision et nos objectifs généraux n’ont pas changé. »
Suncor accueille favorablement les initiatives émergentes au Canada et aux États-Unis visant à élaborer des politiques plus ambitieuses sur l’énergie et le changement climatique.

Défis de l’énergie renouvelable
Éthanol
Depuis 1992, Suncor mélange de l’éthanol aux carburants qu’elle vend au détail. Vers la fin de 2006, Suncor a inauguré l’usine d’éthanol de St. Clair à Mooretown (Ontario). L’usine de St. Clair produit actuellement 200 millions de litres d’éthanol à base de maïs par année, ce qui en fait l’une des plus grandes installations de ce genre au Canada. Si le contexte économique s’améliore, Suncor prévoit pousser la production d’éthanol à 400 millions de litres par année.
Comme le mentionne Suncor dans son rapport 2008 sur le changement climatique, certains observateurs soutiennent que la création d’une essence mélangée à de l’éthanol obtenu à partir du maïs produit en réalité plus de gaz à effet de serre (GES) que la production conventionnelle d’essence.
Tout en respectant ces points de vue, nous estimons à Suncor qu’il est plus juste d’envisager le cycle complet de vie de la production d’éthanol lorsque nous traitons des avantages environnementaux. Dans le cas de l’usine d’éthanol de Suncor, nous avons demandé au Pembina Institute d’entreprendre deux évaluations de cycle de vie (ÉCV) faisant intervenir toutes les données énergétiques, du champ de maïs à la pompe à essence.
À partir de son évaluation, qui a fait l’objet d’une étude par des pairs à l’Argonne National Laboratory du gouvernement des États-Unis, Pembina a déterminé que l’éthanol de l’usine compenserait l’équivalent de 300 000 tonnes de CO2 par année.
À Suncor, nous pensons que la production d’éthanol de l’usine de St. Clair est la meilleure du genre. Cette conviction est fondée sur la charge d’alimentation, la technologie et l’énergie utilisées pour fabriquer l’éthanol et sur le fait que nous produisons un sous-produit écologique (les matériaux laissés par le procédé de production servent d’alimentation pour les animaux).
Les évaluations de valeur de cycle de vie évoluent en permanence et nous suivons de près cette évolution. Nous pensons à Suncor que l’analyse doit tenir comptes des éléments propres au site. Pour l’expansion éventuelle de l’usine de St. Clair, nous conduisons nos propres calculs et nous nous efforçons de comprendre comment les hypothèses utilisées dans les calculs réglementaires s’appliquent à notre site en particulier.
Suncor est à la pointe de l’industrie des biocarburants au Canada. Nous sommes conscients que c’est un domaine qui évolue et connaît des percées technologiques pratiquement chaque jour. Nous restons fidèles à nos activités d’énergie renouvelable et nous somme persuadés que l’industrie des biocarburants va durer.
Inquiétudes des intervenants par rapport au projet d’énergie éolienne de Ripley
À la fin de 2007, en partenariat avec ACCIONA Energy, Suncor a mis en service le projet d’énergie éolienne de Ripley à proximité de Kincardine (Ontario). On s’attend à ce que ce parc éolien de 76 mégawatts, le plus grand de Suncor, compense environ 66 000 tonnes de CO2 par an.
Le 24 novembre 2007, le parc éolien de Ripley a commencé à produire de l’électricité qu’il a acheminée au réseau des opérateurs indépendants de l’Ontario. Le parc se compose de 38 turbines de deux mégawatts, de deux sous-stations électriques et d’une ligne de transfert de 27 kilomètres.
En 2008, un petit groupe de membres de la collectivité a exprimé son inquiétude par rapport à certains aspects du projet de Ripley, notamment le bruit des éoliennes, les distances de recul et leurs effets potentiels sur la santé. Des représentants d’ACCIONA et de Suncor ont longuement discuté avec les membres de la collectivité pour mieux comprendre leurs préoccupations et répondre à leurs questions.
Outre les divers travaux exécutés au site en 2008, ACCIONA et Suncor ont entrepris des études avec l’aide de sociétés expertes de l’extérieur pour déterminer si le parc éolien produisait des bruits supérieurs aux normes réglementaires et si l’on pouvait lier les champs électromagnétiques ou la qualité de l’alimentation aux problèmes rapportés par les résidents.
Pour atténuer tout lien potentiel qui aurait échappé aux études, on a enfoui une partie de la ligne du collecteur de 34,5 kilovolts du parc éolien pour tenter des résoudre les problèmes de voisinage. Quelques voisins ont signalé des améliorations.
Dans l’intervalle, une étude acoustique a déterminé que les niveaux sonores audibles à l’extérieur, mesurés aux résidences touchées, dépassaient les normes du ministère de l’Environnement de trois à cinq décibels pendant certaines périodes. ACCIONA et Suncor, en collaboration avec le fournisseur d’éolienne Enercon, ont immédiatement rectifié le problème en réglant les turbines proches de façon à ce qu’elles fassent moins de bruit.
ACCIONA et Suncor ont mené une seconde étude acoustique au printemps 2009 pour déterminer si le parc éolien fonctionnait dans les limites des normes du ministère de l’Environnement. L’étude relative à la qualité d’alimentation a montré que la tension de 120 volts dans les résidences était conforme aux normes concernées. La distorsion harmonique totale de l’alimentation mesurée aux résidences était de 2,5 pour cent, un taux bien inférieur à la norme de 5 pour cent de l’Institute of Electrical and Electronics Engineers.
Dans l’étude sur le champs électromagnétiques, on a mesuré leur force dans quatre résidences et aux lignes électriques en face de chaque résidence. Les mesures recueillies à l’intérieur des résidences étaient inférieures à 0,6 milliGauss (mG) et les mesures maximales aux lignes électriques étaient de 2 mG, toutes deux bien au-dessous des normes internationales.
ACCIONA et Suncor resteront à l’écoute des intervenants et veilleront à garder les lignes de communication ouvertes. Les partenaires ont fait appel aux services de Grey Bruce Health Unit pour mieux comprendre les problèmes de santé possibles et soutiennent l’idée de mener une étude impliquant divers intervenants à l’échelle de la province. Nous considérons que nos relations avec la collectivité de Ripley doivent durer et qu’elles doivent être mutuellement avantageuses.
Nous allons donc poursuivre la production d’énergie propre à notre parc éolien de Ripley afin de fournir quelque 24 000 domiciles de l’Ontario, en nous conformant aux normes réglementaires et en adoptant une politique de bon voisinage pour minimiser notre impact sur la collectivité.