La gestion des résidus miniers constitue un défi de taille pour l’industrie depuis le début de l’exploitation des sables pétrolifères il y a quatre décennies. En réalité, toutes les formes d’exploitation minière génèrent des résidus et il incombe aux exploitants de déterminer la façon d’éliminer ces sous-produits de manière sécuritaire et efficace. Le défi est d’autant plus considérable étant donné l’échelle de l’exploitation des sables pétrolifères.
Les résidus des sables pétrolifères se composent d’eau, d’argile, de sable et de bitume résiduel provenant du processus d’extraction. (Le forage in situ du bitume des sables pétrolifères ne produit pas de résidus. Cette pratique gagne en popularité puisqu’environ 80 % des réserves de sables pétrolifères connues sont trop profondes pour être extraites avec des techniques d’exploitation minière.)
Les pratiques courantes de l’industrie consistaient jusqu’à présent à pomper les résidus dans de vastes bassins de décantation, souvent des puits de mine désaffectés. Par la suite, la matière la plus lourde — surtout du sable — se dépose au fond, tandis que l’eau monte à la surface et peut être recyclée. La couche intermédiaire, connue sous le nom de résidus fins mûrs, est composée à 70 % d’eau et à 30 % de particules d’argile fines. Laissée à elle seule, la couche de résidus fins mûrs pourrait prendre des siècles à se solidifier.
Le développement continu de l’exploitation minière a nécessité la création d’un nombre croissant de bassins de décantation toujours plus importants. Suncor possède présentement neuf bassins de résidus actifs, couvrant un total de 31,8 kilomètres carrés. La plupart ont une profondeur de près de 45,7 mètres. Les neuf bassins de résidus représentent environ 30 % des 18 224 hectares de terrains perturbés que Suncor s’active actuellement à remettre en état. C’est pourquoi le fait de trouver un moyen d’accélérer la transformation des résidus fins mûrs en un dépôt ferme semblable à du sol et pouvant être récupéré revêt une importance capitale pour l’amélioration du rendement général de Suncor en matière de remise en état.
À cette fin, Suncor a investi dans le développement de nouvelles technologies qui permettent d’assécher les résidus miniers jusqu’à les rendre suffisamment solides pour être remis en état en une fraction du temps requis par les technologies antérieures. Vous trouverez plus de détails à cet effet dans la section « Une conversation avec Kirk Bailey, vice-président directeur, Sables pétrolifères » du présent rapport. Ces technologies nous permettront d’accélérer considérablement nos efforts généraux de remise en état. Une fois le nouveau processus de séchage en place, nous estimons pouvoir réduire le temps nécessaire entre la perturbation initiale des sols et leur remise en état à environ 10 ans, soit le tiers de ce qui est la norme actuellement dans l’industrie.
Dans l’attente de l’approbation réglementaire, Suncor prévoit commencer en 2010 la mise en œuvre commerciale de sa nouvelle approche de gestion des résidus appelée TROMC. Cette approche devrait nous aider à réduire à la fois les stocks actuels de résidus et la nécessité d’aménager de futurs bassins de résidus. Comme M. Bailey le constate dans l’entrevue ci-jointe : « Le terme ‘révolutionnaire’ est souvent utilisé à toutes les sauces pour décrire les innovations technologiques, mais il pourrait fort bien être justifié dans ce cas. »
Regardez une vidéo pour savoir comment fonctionne la nouvelle approche de gestion des résidus appelée TROMC (Disponible en anglais seulement) 