« Notre avenir énergétique repose sur notre capacité de faire des choix informés ». Consulter les Q et R avec le conseiller à la direction, Développement durable et innovation de Suncor dans le Rapport sur le développement durable 2013 de Suncor

« Notre avenir énergétique repose sur notre capacité de faire des choix informés » – Rapport sur le développement durable 2013

« Notre but commun et partagé est de créer un avenir énergétique plus durable qui aide à bâtir des sociétés plus fortes et plus justes. » – Q et R avec le conseiller à la direction, Développement durable et innovation de Suncor dans le Rapport sur le développement durable 2013 de Suncor

« Notre but commun et partagé est de créer un avenir énergétique plus durable qui aide à bâtir des sociétés plus fortes et plus justes. » – Q et R avec le conseiller à la direction, Développement durable et innovation de Suncor dans le Rapport sur le développement durable 2013 de Suncor

Créer une valeur partagée

« Les entreprises peuvent être d'importantes parties prenantes à la solution aux enjeux sociaux et environnementaux »

Une conversation avec Gord Lambert, conseiller à la direction, Développement durable et innovation, à Suncor

Une conversation avec Gord Lambert, conseiller à la direction, Développement durable et innovation, à Suncor

Au moment où Suncor se préparait à rendre compte de sa performance en matière de développement durable pour l'année 2012 et de ses plans et priorités pour les années à venir, il nous a fallu admettre à quel point notre entreprise était touchée par les fluctuations des conditions de marché et l'évolution des attentes des parties intéressées. En même temps, nous reconnaissons que les valeurs qui nous animent dans notre travail de tous les jours et dans les décisions que nous prenons ont une incidence sur le bien-être économique et social de nos parties intéressées et de notre environnement partagé. En définitive, nous faisons tous partie de quelque chose de plus grand — et avons de nombreux buts et obligations en commun.

Nous avons décidé de faire de ces interconnexions un thème clé du Rapport sur le développement durable de cette année et avons dû par conséquent nous poser une question évidente : comment une entreprise comme Suncor peut-elle se positionner au mieux pour avoir un impact positif sur le reste de la société? Il n'y a pas de réponse simple, mais nous croyons que le principe de « création de valeur partagée » est un bon point de départ. Autrement dit, nous devons nous efforcer de créer une valeur économique d'une façon qui non seulement profite à nos actionnaires, mais qui crée aussi de la valeur pour la société.

Pouvez-vous expliquer l'idée de « créer une valeur partagée »?

G. LAMBERT : Cette idée ne vient pas de Suncor mais elle est évidemment pertinente étant donné notre engagement de longue date à l'égard d'un « triple résultat » où le développement des ressources énergétiques est fait d'une façon qui engendre une croissance économique et des retombées sociales, tout en ayant l'impact le plus faible possible sur l'environnement. Michael E. Porter de l'Université Harvard est l'un des principaux défenseurs du principe de valeur partagée et la Canada's Oil Sands Innovation Alliance (COSIA) lui a demandé de venir parler aux sociétés de sables pétrolifères à ce sujet.

En apprendre davantage sur la COSIA

Le professeur Porter définit la valeur partagée comme un ensemble de politiques et de pratiques d'exploitation qui rehaussent la compétitivité d'une entreprise tout en améliorant simultanément les conditions économiques et sociales dans les collectivités où elle mène ses activités. Il ne s'agit pas de « partager » la valeur déjà créée par les compagnies, ce qui est une approche de redistribution. Il s'agit plutôt d'accroître la valeur économique et sociale de façon globale.

Ce que je trouve intéressant dans cette approche est qu'elle encourage les entreprises à faire ce qu'elles font le mieux — innover et créer de la valeur. Et plutôt que de compter sur le gouvernement pour régler tous nos problèmes, elle reconnaît que les entreprises, agissant à titre d'entreprises, peuvent être d'importantes parties prenantes à la solution à bon nombre des enjeux sociaux et environnementaux auxquels nous sommes confrontés.

Donc, comment ce principe est-il appliqué à Suncor?

G. LAMBERT : Eh bien, il faut d'abord admettre qu'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. C'est quelque chose à quoi nous aspirons; je ne veux aucunement laisser entendre que nous avons atteint notre but. Mais vous pouvez déjà voir toutes les possibilités — et les premières mesures que nous prenons en vue de réaliser nos aspirations.

Quand on considère la ressource en sables pétrolifères de base de Suncor et où elle est située, le concept de « valeur partagée » devient très facile à comprendre. Nous avons ces réserves de calibre mondial situées sous la forêt boréale du Nord de l'Alberta. Nous ne pouvons tout de même pas relocaliser nos activités ailleurs. Nous sommes donc tous engagés dans la santé économique et le mieux-être des collectivités où nous sommes présents, ainsi que dans l'environnement partagé. La réussite de notre entreprise est inextricablement liée au dynamisme de cette région.

Comment créons-nous une valeur partagée dans un endroit comme la région de Wood Buffalo dans le Nord de l'Alberta? Vous pouvez voir une partie de la réponse dans les récents changements que Suncor a apportés à son programme d'investissement dans la collectivité. Nous voulons cesser de simplement soutenir de bonnes causes — et ce ne sont pas les bonnes causes qui manquent — et être beaucoup plus stratégiques en soutenant des initiatives et des programmes qui renforcent les compétences et les connaissances dans la collectivité et qui améliorent les possibilités économiques des résidents locaux.

Pouvez-vous nous donner des exemples de cette approche?

G. LAMBERT : Deux me viennent rapidement à l'esprit. Premièrement, il y a les nombreux programmes d'éducation et de formation que nous soutenons, dont bon nombre s'adressent aux jeunes Autochtones. Deuxièmement, il y a notre travail avec des entreprises appartenant à des Autochtones pour les aider à développer des modèles opérationnels et à accroître leur capacité. Dans les deux cas, vous pouvez voir l'idée de bénéfices mutuels à l'œuvre. Ces étudiants, apprentis et entreprises peuvent aspirer à un avenir beaucoup plus prospère. En même temps, nous aidons à développer le genre de travailleurs qualifiés et de fournisseurs régionaux qui contribueront à la réussite de Suncor durant des années à venir.

Pour en apprendre davantage sur nos partenariats avec les collectivités autochtones

Et l'environnement dans tout ça? D'aucuns diront que l'industrie des sables pétrolifères a un impact net négatif sur l'environnement. Comment peut-on créer une « valeur partagée » dans ce domaine?

G. LAMBERT : Écoutez, il est clair que l'exploitation des sables pétrolifères a un impact significatif sur l'environnement — il en est de même pour toute forme de développement des ressources. Même l'énergie éolienne a ses détracteurs en raison de l'impact qu'elle peut avoir sur le paysage. Il ne fait aucun doute que notre industrie est confrontée à des enjeux environnementaux majeurs, qu'il s'agisse de gérer la croissance des émissions de gaz à effet de serre, de réduire davantage la consommation d'eau ou de remettre en état les bassins de résidus.

Mais il y a quelques points à garder à l'esprit. Premièrement, une entreprise comme Suncor est déterminée à améliorer continuellement sa performance environnementale. Nous le faisons grâce à un investissement dans l'innovation et la technologie et, de plus en plus, grâce à la collaboration avec des pairs de l'industrie et d'autres intervenants en matière d'environnement. Et bien qu'il y ait encore amplement place à l'amélioration, nous faisons de véritables progrès, en tant que société et en tant qu'industrie, quant à nombre des enjeux environnementaux clés.

Le deuxième grand point est celui-ci : des économies en croissance ont besoin de sources d'énergie responsables et abordables. Cela est particulièrement vrai quand il est question des carburants de transport, qui assurent notre mobilité. Donc quand vous pensez aux avions, aux trains et aux automobiles, nous allons continuer de dépendre principalement du pétrole durant de nombreuses années à venir.

Notre but commun est de créer un avenir énergétique plus durable qui aide à bâtir des sociétés plus fortes et plus justes. Mais comment pouvons-nous nous rendre là où nous voulons aller? Cela va nécessiter un investissement important dans la technologie, l'innovation et une nouvelle infrastructure. Et c'est ce genre de capacité financière que le développement des ressources non renouvelables peut aider à générer.

Nous avons beaucoup parlé de l'impact que les entreprises peuvent avoir sur la société. Quel est le revers de la médaille?

G. LAMBERT : Un exemple clair est l'évolution des attentes des actionnaires. Il y a une génération, on n'aurait pu imaginer qu'une société énergétique se préoccupe autant du développement durable dans l'ensemble de ses activités comme c'est le cas aujourd'hui à Suncor. Cela a changé car les attentes du public au sujet des priorités et de la performance ont changé.

Un autre exemple d'impact potentiel est le récent débat sur l'accès au marché et les efforts de certains intervenants pour « enclaver » la ressource en sables pétrolifères du Canada. Du point de vue du développement durable, je dirais que cela n'est pas très sensé. Vu la demande énergétique mondiale, nous allons avoir besoin de toutes les formes d'énergie que nous pouvons développer de façon responsable. La diversité sera à l'ordre du jour — et cela va nécessiter davantage de liens vers les marchés, pas moins. Je crois aussi que le monde pourrait faire pire que de profiter d'un approvisionnement en énergie provenant d'une industrie qui s'est engagée à améliorer continuellement ses résultats sur le plan économique, social et environnemental.

Quand il est question de créer une valeur partagée, quelle est l'importance de la collaboration?

G. LAMBERT : Elle est absolument essentielle. Notre avenir énergétique repose sur notre capacité de faire des choix informés. Malheureusement, étant donné la nature polarisée des débats actuels au sujet de l'énergie, ce n'est pas ce que l'on voit. Je veux dire, il y a des gens contre l'éolien, des gens contre le nucléaire, des gens contre le charbon, des gens contre les sables pétrolifères et des gens contre les pipelines. Un dialogue tenant compte des choix qui existent serait beaucoup plus constructif. Il est facile de dire que vous êtes contre quelque chose. Mais vous êtes pour quoi? Êtes-vous prêts à vivre avec les conséquences — attendues et inattendues — des choix que vous faites?

Nous réalisons de réels progrès en termes de collaboration à l'échelle de toute l'industrie — l'établissement de la COSIA en est un bon exemple. Nous devons toutefois entretenir un dialogue public beaucoup plus large au sujet des plans et des priorités pour notre avenir énergétique partagé. Et je crois que c'est un autre domaine où nous pouvons nous attendre à voir Suncor jouer un rôle de leader durant les mois et les années à venir.