« Compte tenu du débat environnemental de plus en plus polarisé au sujet de notre avenir énergétique, y a-t-il encore de la place pour la collaboration constructive? » Plus de détails dans la section « Changements climatiques : un autre point de bascule » du Rapport sur le développement durable 2014 de Suncor

« Changements climatiques : un autre point de bascule » - Rapport sur le développement durable 2014 de Suncor

« De quoi aura l’air notre avenir énergétique et que pouvons-nous faire pour le bâtir? » Plus de détails dans la section « Changements climatiques : un autre point de bascule » du Rapport sur le développement durable 2014 de Suncor

« Compte tenu du débat environnemental de plus en plus polarisé au sujet de notre avenir énergétique, y a-t-il encore de la place pour la collaboration constructive? » Plus de détails dans la section « Changements climatiques : un autre point de bascule » du Rapport sur le développement durable 2014 de Suncor

Changements climatiques

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L’expression « point de bascule » est souvent employée en lien avec les défis associés aux changements climatiques planétaires. Dans ce contexte, elle renvoie au seuil à partir duquel les changements des systèmes terrestres attribuables à l’activité humaine s’avéreraient irréversibles.

Les travaux d’élaboration de tels scénarios et l’étude des choix sociétaux visant à déterminer s’ils se concrétiseront ou non revêtent une utilité et une importance manifestes.

À l’heure actuelle, cependant, nous approchons dangereusement d’un autre type de point de bascule : celui où les défis des changements climatiques semblent si complexes, et les points de vue si polarisés, que nous pourrions perdre la volonté de chercher collectivement des solutions constructives.

Pour éviter d’atteindre ce point de bascule, il faut entamer une nouvelle conversation, sur un mode différent. Nous devrons être assez courageux pour poser des questions difficiles, et assez humbles pour reconnaître que personne n’a le monopole de la sagesse, ni toutes les réponses.

Choix énergétiques

Voici quelques-unes des questions difficiles qu’il faudra se poser :

  • Compte tenu de la croissance démographique, que nous réserve l’avenir sur le plan de la demande en énergie?
  • Quelles sont les options les plus responsables et abordables pour répondre à cette demande?
  • À quoi ressemblera notre système énergétique de l’avenir et comment pouvons-nous tous jouer un rôle pour y arriver?
  • Quelle est la meilleure façon de répondre à la demande tout en tenant compte de l’impact environnemental de la production et de la consommation d’énergie?
  • Quel rôle la technologie et l’innovation peuvent-elles jouer pour relever les défis énergétiques et environnementaux?
  • Et, compte tenu du débat de plus en plus polarisé, est-il encore possible de collaborer de manière constructive pour assurer notre avenir énergétique?

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit que la demande mondiale en énergie augmentera du tiers d’ici 2035. Même si les énergies renouvelables joueront un rôle accru, les combustibles fossiles demeureront dominants, et devraient représenter 76 % de l’énergie produite à l’échelle mondiale en 2035 comparativement à 82 % aujourd’hui. Le pétrole demeurera la principale source de carburants de transport et, par conséquent, la source principale de la mobilité humaine.

La hausse de la demande en énergie proviendra surtout des économies émergentes d’Asie et de leur population grandissante.

Ces projections mettent en évidence le rapport étroit entre développement énergétique et progrès économique. Depuis 1990, à l’échelle mondiale, la demande en énergie a bondi de 45 %, la taille de l’économie a triplé et quelque 700 millions de personnes sont passées de la pauvreté à la classe moyenne. L’accessibilité accrue à l’énergie a également favorisé l’accès à tout un éventail de biens et de services, comme les soins de santé, l’eau potable, la téléphonie cellulaire et les moyens de transport.

Malgré cela, 1,3 milliard de personnes, ou un cinquième de la population mondiale, n’ont toujours pas accès à l’électricité, et le double utilise toujours le bois ou une autre forme de biomasse comme combustible pour la cuisson. Les défis énergétiques mondiaux prennent donc une ampleur effarante.

Il n’en va pas autrement des défis environnementaux associés au développement énergétique.

Défis environnementaux

L’AIE a élaboré un certain nombre de scénarios. Selon l’un d’eux, les émissions de CO2 associées à l’énergie augmenteraient de 20 % d’ici 2035, faisant à terme augmenter la température moyenne de 3,6 °C – dépassant de loin l’objectif couramment accepté, qui consiste à limiter le réchauffement planétaire à 2 °C.

En outre, l’AIE a calculé que pour atteindre un tel objectif, il ne faut pas consommer plus du tiers des réserves avérées de combustibles fossiles avant 2050 (à moins que la technologie de captage et de stockage du carbone ne soit largement adoptée). En retour, cela a allumé une discussion publique incroyable à propos de ce qu’on appelle le « carbone imbrulable » chez certains intervenants affirmant que les actifs énergétiques actuels sont surévalués parce qu’il sera impossible de les développer totalement dans le monde faible en carbone de demain.

Il importe toutefois de signaler que l’AIE ne recommande l’abandon d’aucune source d’énergie existante afin d’équilibrer les impacts économiques et environnementaux du développement énergétique. Elle prône plutôt le recours à un éventail de solutions potentielles, y compris le développement accéléré des énergies renouvelables, la diminution (et non l’élimination) de la production d’électricité à partir de charbon, le resserrement des normes d’efficacité énergétique pour les véhicules, les appareils électroménagers et les infrastructures, l’incitation à la conservation de l’énergie et la prévention du gaspillage d’énergie et les investissements dans les technologies environnementales.

Nous sommes également partisans d’une approche globale. Nous croyons que l’énergie sous toutes ses formes doit être développée de façon responsable pour répondre à la demande. Nous croyons que l’efficacité et la conservation énergétiques doivent être prioritaires aux yeux des producteurs et des consommateurs. Et nous croyons que les sables pétrolifères ont un rôle positif à jouer pour assurer notre avenir énergétique commun.

Les sables pétrolifères sont-ils une source d’énergie responsable?

Les sables pétrolifères canadiens renferment des réserves potentielles pour un siècle ou plus. Seulement au cours du prochain quart de siècle, le Canadian Energy Research Institute prévoit des investissements de plus de 2 billions de dollars dans la mise en valeur des sables pétrolifères.*

L’ampleur des réserves n’est pas seulement ce qui motive un tel niveau d’investissement. Il est tout aussi important que cette ressource soit mise en valeur dans un pays où le climat politique stable, la réglementation rigoureuse et une économie ouverte favorisent l’investissement dans la technologie et l’innovation.

Grâce à ce type d’investissement, notre industrie a déjà réussi à réduire de façon significative l’intensité de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) – c’est-à-dire la quantité de gaz émis par baril de pétrole produit. Les projets de recherche et de développement en cours pourraient même finir par faire fléchir la courbe de croissance des émissions absolues. Notre objectif est d’amener les émissions associées à la production des sables pétrolifères à un niveau semblable ou inférieur à celui d’autres sources de pétrole.

De plus, la mise en valeur des sables pétrolifères stimule la croissance économique, qui, à son tour, permet aux gouvernements et à l’industrie d’investir dans de nouvelles technologies environnementales susceptibles d’améliorer la productivité et la durabilité de toutes les formes de développement énergétique.

Nous croyons que la mise en valeur des sables pétrolifères contribue de façon importante au portefeuille énergétique du vingt-et-unième siècle, Nous estimons qu’il faut évaluer l’empreinte carbone de notre industrie (qui représente actuellement moins de 0,15 % des émissions mondiales de CO2) en tenant compte de sa capacité à encourager les investissements en capitaux, dans la technologie et l’innovation, facilitant ainsi la transition vers un avenir énergétique plus vert.

C’est sous cet angle que nous percevons l’industrie.

D’autres l’envisagent d’une tout autre manière. Ils soutiennent que l’exploitation des sables pétrolifères est un mode de production d’énergie « sale » par nature, où les émissions de GES, la consommation d’eau et la perturbation des sols atteignent des niveaux disproportionnés. Ils mentionnent qu’en raison de l’accroissement de la production, l’industrie des sables pétrolifères est actuellement la seule source qui enregistre la croissance la plus rapide des émissions absolues de GES au Canada. Nombre d’observateurs veulent ralentir le développement des sables pétrolifères, et certains souhaiteraient abolir le secteur dans son ensemble.

Sur certains points, nous ne nous entendrons probablement jamais. Mais sur d’autres, le consensus reste possible. Pouvons-nous trouver la force de chercher des solutions positives ensemble ou allons-nous atteindre le point où la polarisation « basculera » vers la paralysie?

La prochaine conversation au sujet de l’énergie

Nous avons tenté de jouer un rôle constructif pour élargir la conversation sur notre avenir énergétique commun. Des initiatives telles Flash sur les Sables pétrolifères (FSP) – un bulletin électronique informatif et un blogue – et la série The Walrus Talks Energy que nous commanditons à l’échelle du Canada sont des exemples démontrant que nous tentons de rassembler un grand nombre d’intervenants pour mener des discussions ouvertes et équilibrées sur les choix et les défis à venir en matière d’énergie.

Nous croyons qu’il nous faut tout faire pour améliorer l’efficacité énergétique et opérationnelle de nos activités et réduire notre propre empreinte carbone, comme premier pas vers la lutte contre le changement climatique.

En revanche, pour parvenir à endiguer les émissions de GES à l’échelle mondiale, il faut prendre part à une conversation beaucoup plus vaste. Et cette discussion devra porter tout autant sur les choix que nous faisons tous lorsque nous utilisons l’énergie que sur la façon dont nous la produisons, puisque 80 % des émissions de GES associées à un baril de pétrole sont générées au moment de son utilisation. La consommation peut revêtir plusieurs formes, notamment conduire nos voitures, chauffer nos maisons ou voyager par train, avion ou bateau. Nous utilisons tous de l’énergie chaque jour.

C’est dans cette optique que nous nous sommes adressés à de grands fabricants automobiles, pour mieux comprendre leurs processus de développement technologique. Nous voyons là une possibilité de réduire les émissions de GES liées au transport en agissant sur les produits que nous offrons.

De tels dialogues préparent le terrain pour d’autres discussions sérieuses, qui porteront sur la combinaison de sources d’énergie primaires à adopter pour nous assurer un avenir durable, et sur les politiques et les investissements nécessaires pour y arriver.

Nous demeurons convaincus que les sables pétrolifères canadiens – à l’instar de nos autres actifs des secteurs de l’énergie classique et renouvelable – peuvent jouer un rôle constructif en procurant au monde l’énergie nécessaire pour se développer et progresser.

D’autres ne sont pas du tout du même avis, et c’est normal. Tâchons à présent d’aller au-delà de la polarisation et d’entamer la prochaine conversation, pour déterminer si une meilleure voie s’offre à nous.

*Source : Canadian Energy Research Institute