« En établissant de tels objectifs de performance, nous nous mettons au défi de faire mieux. » Prendre connaissance de cette séance de questions et réponses avec la vice-présidente, Développement durable et communications de Suncor dans le Rapport sur le développement durable 2014

Pourquoi fixer des objectifs de rendement – Rapport sur le développement durable 2014 de Suncor

« Nos employés apprécient notre ambition et notre aspiration à faire bouger les choses — à agir concrètement. » Prendre connaissance de cette séance de questions et réponses avec la vice-présidente, Développement durable et communications de Suncor dans le Rapport sur le développement durable 2014

Arlene Strom, vice-présidente, Développement durable et communications, aborde le fait que « nous avons également appris qu’il était important d’intégrer les objectifs de développement durable à tous nos échelons d’activité — afin qu’ils fassent partie intégrante de notre entreprise » dans le Rapport sur le développement durable 2014

Objectifs de rendement : notre parcours

Arlene Strom, vice-présidente, Développement durable et communications de Suncor

« Lorsqu’on se fixe des objectifs, on court toujours le risque de ne pas les voir se réaliser. D’un autre côté, en n’aspirant à rien, on ne sait pas vraiment ce dont on est capable. En établissant de tels objectifs de performance, nous nous mettons au défi de faire mieux. »

Une conversation avec Arlene Strom, vice-présidente, Développement durable et communications

En 2009, nous avons établi un précédent dans l’industrie en fixant des objectifs de performance environnementale dans quatre secteurs clés. Concrètement, nous nous sommes engagés à atteindre les objectifs suivants à l’échelle de l’entreprise d’ici 2015 :

  • réduire la consommation d’eau douce de 12 %
  • accroître la remise en état des terrains perturbés de 100 %
  • améliorer l’efficacité énergétique de 10 %
  • réduire les émissions atmosphériques de 10 %

Toutes les améliorations ciblées sont absolues, à l'exception de l'efficacité énergétique qui se fonde sur l'intensité. 

Comme l’échéance de 2015 approche à grands pas, nous nous préparons à proposer une série d’objectifs de rendement ultérieurs à 2015 qui comprendront, pour la première fois, des objectifs sociaux. Nous avons demandé à Arlene Strom, vice-présidente, Développement durable et communications, de nous parler des leçons retenues depuis les cinq dernières années – et des nouveaux défis qui nous attendent.

Penchons-nous tout d’abord sur les raisons qui ont motivé Suncor à se fixer de tels objectifs en 2009. À cette époque, on commençait à s’intéresser à l’industrie des sables pétrolifères et l’expression « pétrole sale » faisait son apparition dans le discours des détracteurs de l’industrie. Est-ce que ces facteurs ont joué un rôle dans cette prise de décision?

Arlene : Plusieurs raisons ont motivé cette décision. Parmi celles-ci, les commentaires recueillis auprès de nos parties intéressées, dont un organisme nommé Ceres constitué d’un réseau d’investisseurs, de représentants syndicaux, d’environnementalistes et d’autres groupes d’intérêt public avec lequel nous entretenons des liens depuis un certain nombre d’années, qui nous ont exhortés à fixer des cibles et des objectifs rigoureux. Or, cette première raison cadrait parfaitement avec la deuxième — la volonté ravivée de notre équipe de leadership d’améliorer la performance à l’échelle de l’entreprise. Voulant monter la barre, nous avons jugé que l’établissement d’objectifs nous inciterait à repousser nos limites.

Essentiellement, on nous demandait d’ouvrir la voie. En fait, selon Ceres, nous avions l’occasion d’aiguiller les gens dans une nouvelle direction. Je crois effectivement que la prise d’une telle décision a eu une incidence sur les autres acteurs de l’industrie. L’étendue de la collaboration au sein de l’industrie a complètement changé en cinq ans et les ambitions et les aspirations ont pris de l’ampleur dans l’ensemble.

À l’époque, avez-vous jugé que vous vous exposiez à un risque — que si vous n’atteigniez pas vos cibles, il y aurait des conséquences?

Arlene : Personne n’aime se fixer un objectif qu’il ne parvient pas à atteindre, par exemple s’entraîner en vue d’une course ou entreprendre un régime pour ensuite voir son projet tomber à l’eau. Lorsqu’on se fixe des objectifs, on court toujours le risque de ne pas les voir se réaliser. D’un autre côté, en n’aspirant à rien, on ne sait pas vraiment ce dont on est capable. En établissant de tels objectifs de performance, nous nous mettons au défi de faire mieux.

À cette époque, nous ne savions pas si nous pouvions atteindre tous ces objectifs – aujourd’hui, certains demeurent plus difficiles à atteindre que d’autres. Nous savions cependant que cet exercice insufflerait une tension créative au système, qu’il pousserait les gens à innover, à mieux utiliser la technologie et à travailler plus efficacement.  

Cinq ans plus tard – et à un an de l’échéance qu’elle s’est fixée – Suncor est-elle sur le point de réaliser ses objectifs?

Arlene : À mon avis, nous sommes très près du but. Nous prévoyons atteindre nos objectifs en matière de consommation d’eau douce et de remise en état des sols, et nous croyons également pouvoir atteindre celui portant sur les émissions atmosphériques. La cible concernant l’intensité énergétique sera la plus difficile à atteindre, et ce, pour plusieurs raisons.

D’abord, peu après avoir défini ces objectifs, notre stratégie de croissance a introduit des projets in situ additionnels qui affichent une intensité énergétique accrue. Ensuite, Suncor a réalisé une fusion avec Petro-Canada ajoutant une production extracôtière à notre portefeuille. Bien que l’intensité énergétique des activités extracôtières demeure relativement faible au sommet de la production, nous avons observé une augmentation de l’intensité pendant la période définie d’atteinte des objectifs qui correspond à la diminution de la ressource. L’ajout de ces actifs de taille a donné à nos objectifs en matière d’efficience énergétique et d’émissions atmosphériques un caractère beaucoup plus ambitieux.

L’objectif en matière d’efficacité énergétique est essentiel à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Si vous ne réussissez pas à atteindre cet objectif, croyez-vous que Suncor sera pénalisée par les investisseurs ou d’autres parties intéressées?

Arlene : La plupart de nos investisseurs veulent que nous exercions nos activités de la façon la plus efficace qui soit. Plusieurs veulent également que nous agissions en tant que chef de file au chapitre de la performance environnementale. Selon moi, ils voient que même si cet objectif n’était pas pleinement réalisé, nous aurions accompli d’énormes progrès. Ils comprennent aussi qu’en ce qui concerne les actifs à long terme tels que les sables pétrolifères, il faut du temps pour la mise à l’essai, la commercialisation et la mise en œuvre de technologies percutantes capables de véritablement faire fléchir la courbe de croissance des émissions de GES.

Je ne crois pas que nous encourrions un châtiment. Certains nous adresseraient des reproches, c’est leur droit. Quoi qu’il en soit, nous allons continuer d’entretenir des liens avec toutes nos parties intéressées et de prêter l’oreille à leurs inquiétudes en continuant d’élaborer et de travailler pour atteindre nos objectifs à long terme.

Quelle a été l’incidence de ces objectifs sur les employés de Suncor et comment ceux-ci ont-ils réagi au défi qui leur était proposé?

Arlene : L’établissement de ces objectifs a soulevé beaucoup d’enthousiasme. Nos employés apprécient que nous soyons ambitieux et que nous aspirions à faire bouger les choses — à agir concrètement. Il s’agit d’une vision motivante, qui nous pousse tous à nous améliorer. 

Parfois, les résultats parlent d’eux-mêmes. Il suffit de regarder notre objectif portant sur la réduction de la consommation d’eau douce : nous avons déjà dépassé notre cible à l’échelle de l’entreprise et surpassé nos attentes dans nos installations d’exploitation des sables pétrolifères. Un tel degré de réussite ne peut que nous inciter à accomplir encore davantage.

Pendant l’élaboration de la série d’objectifs ultérieurs à 2015, avez-vous fait le point sur les leçons tirées au cours des cinq dernières années?

Arlene : Nous avons compris l’importance de nouer et d’entretenir des liens tout d’abord avec le plus large éventail possible de parties intéressées, y compris des investisseurs, des universitaires, des syndicats et des groupes confessionnels ainsi que des ONG environnementales. Il faut aussi consulter les experts et les dirigeants de notre entreprise.

Nous avons également appris qu’il était important d’intégrer les objectifs de développement durable à tous nos échelons d’activité — afin qu’ils fassent partie intégrante de notre entreprise. Bien que nous ayons réalisé de véritables progrès en la matière, je crois que nous pouvons encore faire mieux. 

Pourquoi avez-vous décidé d’ajouter des objectifs sociaux?

Arlene : Il n’y a pas si longtemps, nous avons clarifié et réitéré notre vision et notre mission. Cette vision est d’être dignes de confiance pour gérer les précieuses ressources naturelles et que, guidés par nos valeurs, nous ouvrions la voie vers une économie prospère, un mieux-être collectif et un environnement sain, aujourd’hui et demain.

Pour concrétiser cette vision — s’il s’agit véritablement de la façon dont nous voulons exercer nos activités — il nous fallait établir des objectifs sociaux. C’était la pièce manquante du puzzle.

Pour une entreprise, l’établissement d’objectifs en matière d’environnement est une chose, il faut ensuite miser sur l’expertise à l’interne pour les atteindre. Mais l’établissement d’objectifs portant sur des enjeux sociaux vous sort de votre zone de confort.

Arlene : Ce n’est pas comme si nous partions de zéro. Nous avons adopté une stratégie bien définie en matière d’investissements dans la collectivité qui repose sur la collaboration. Nous avons noué d’importants partenariats à long terme avec les Autochtones. Pourquoi ne pas repousser les limites en faisant état des résultats escomptés?

En abordant les objectifs sociaux, nous avons l’occasion d’aborder des occasions et des défis sociaux plus globaux. Nous devons identifier les aspects où nous pouvons changer les choses. Nous déterminons comment évaluer notre succès et prendre nos responsabilités.

Il ne faut donc pas aborder la question de l’impact social de l’exploitation des ressources comme un élément extérieur à notre zone de confort. Mais c’est une première pour nous de fixer et de viser des résultats mesurables et des retombées sociales qui s’inscrivent dans notre stratégie d’entreprise. 

Quand prévoyez-vous lancer la prochaine série d’objectifs?

Arlene : Nous espérons le faire en 2014. Mais comme notre priorité est de procéder de la bonne façon, nous prendrons le temps nécessaire pour nous en assurer.

Une dernière question : Suncor a souvent mentionné dernièrement le besoin de resserrer la collaboration; à cet égard, pourquoi fixer des objectifs visant la performance de l’entreprise plutôt que des objectifs devant être réalisés de concert avec d’autres?

Arlene : Ces deux aspects ne sont pas incompatibles. Au contraire, ils se renforcent mutuellement. Nous poursuivons des objectifs de collaboration grâce aux travaux que nous exécutons de concert avec la Canada’s Oil Sands Innovation Alliance, entre autres. En nous fixant nos propres objectifs, nous veillons à ce que l’ensemble de l’entreprise harmonise et coordonne ses activités en vue de l’atteinte de ces objectifs. Notre rôle de partenaire collaborateur est mieux rempli en donnant l’exemple.

Il s’agit d’avoir confiance en notre capacité à changer les choses — et de prendre les mesures pour y parvenir.