En apprendre davantage sur le nouvel objectif de rendement en matière de développement durable de Suncor qui vise à réduire de façon significative l'incidence carbonique de ses activités

Plus sur le nouvel objectif de dév. durable de Suncor qui vise à réduire l'incidence carbonique des activités.

En apprendre davantage sur le nouvel objectif de rendement en matière de développement durable de Suncor qui vise à réduire de façon significative l'incidence carbonique de ses activités

Suncor a récemment adopté un nouvel objectif de rendement en matière de développement durable qui vise à réduire considérablement l'incidence carbonique de ses activités. En apprendre davantage sur la façon dont nous prévoyons attendre cet objectif.

Suncor investit dans de nouvelles technologies environnementales et poursuit sa démarche pour être un chef de file du développement énergétique durable.

Changements climatiques

 

Fiona Jones de Suncor parle du rôle que Suncor doit jouer dans les discussions portant sur le développement durable dans le domaine de l'énergie, comme les changements climatiques et les émissions de GES.« Nous devons comprendre comment nous pouvons continuer à créer de la valeur dans un monde contraint à limiter ses émissions de carbone. »

Une conversation avec Fiona Jones, directrice générale, Développement durable

Avant l'Assemblée générale annuelle 2016 de Suncor, NEI Investments a déposé une proposition d'actionnaire demandant à Suncor de fournir de l'information continue sur la façon dont elle évalue et assure la résilience à long terme de l'entreprise dans une économie future sobre en carbone. Le Conseil d'administration de Suncor a décidé d'appuyer la résolution des actionnaires, qui a par la suite été adoptée à plus de 98 % des votes représentés par les actions de Suncor à l'AGA.

Au cours des mois qui ont suivi, Suncor a rédigé un rapport indépendant sur le risque lié au carbone appelé Rapport climat de Suncor – une stratégie de résilience, le premier en son genre dans l'industrie pétrolière et gazière canadienne. Le rapport, publié en avril 2017, présente notre meilleure évaluation du risque d'entreprise associé aux changements climatiques et à la transition vers une économie plus sobre en carbone – ainsi que les stratégies que nous adoptons pour atténuer ce risque. Nous avons l'intention de mettre à jour notre évaluation sur une base annuelle dans le cadre de notre Rapport sur le développement durable.

Fiona Jones, directrice générale, Développement durable, à Suncor décrit la réflexion derrière le rapport, y compris la façon dont l'entreprise voit le déroulement de la transition énergétique, notre stratégie durant une telle transition et les options que nous développons pour l'avenir.

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Pourquoi Suncor a-t-elle décidé d'appuyer la résolution des actionnaires concernant la divulgation du risque lié au carbone et de produire un rapport?

Nous croyons qu'il est utile pour nos investisseurs et d'autres groupes d’intérêt de comprendre comment Suncor relève le défi lié aux changements climatiques et comment nous allons demeurer résilients dans un monde en transition vers un système énergétique émettant moins de carbone.

Le fait est que l'atténuation des changements climatiques change les règles du jeu et aura, au fil du temps, un impact substantiel sur notre entreprise. Nous devons avoir une vue très nette de la voie à suivre et nous voulons partager cette information de façon aussi transparente que nous le pouvons.

Il est logique de faire cela maintenant pour différentes raisons. La réglementation et les politiques en voie d'être adoptées à l'échelle locale, nationale et mondiale pour atténuer les changements climatiques auront une incidence sur la façon dont nous produisons et consommons l'énergie. À titre de plus importante société énergétique intégrée du Canada, nous devons comprendre comment nous pouvons continuer à créer de la valeur pour les actionnaires durant la transition vers un monde sobre en carbone.

Ces efforts découlent en grande partie de ce que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) appelle le « scénario des 450 ppm ». Ce scénario met de l'avant une solution énergétique visant à limiter l'augmentation mondiale de la température à 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels, en limitant la concentration de gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère à environ 450 parties par million de CO2. Cela implique de réduire la quantité d'hydrocarbures brûlés par rapport aux niveaux actuels dans le contexte d'une population mondiale en croissance.

Par conséquent, nous commençons à voir des efforts crédibles à l'échelle mondiale pour atteindre les résultats désirés. Cela implique de développer les solutions technologiques et politiques pour fournir cette énergie à la population mondiale en augmentation tout en atténuant simultanément les changements climatiques. Il s'agit là essentiellement de la lentille à travers laquelle nous voyons nos propres stratégies d'entreprise.

Notre rapport sur le risque lié au carbone décrit bon nombre de ces stratégies. Le rapport vise à fournir aux investisseurs la perspective de Suncor sur notre avenir énergétique.

Quelles sont les principales préoccupations des investisseurs de Suncor quand il est question du risque lié au carbone?

La majorité de nos investisseurs comprennent que la transition en vue de remplacer les combustibles fossiles se déroulera probablement sur plusieurs décennies, car ces combustibles continueront d'être nécessaires pour répondre à la demande mondiale en énergie, surtout dans les économies en développement. Mais ils reconnaissent aussi que, si nous voulons rester compétitifs et résilients, nous devons continuer d'abaisser les coûts et l'intensité carbonique de façon vigoureuse dans toutes nos activités.

En un mot, voici ce que nos investisseurs veulent savoir :

  • Avez-vous des processus en place pour évaluer le risque de façon lucide tout en considérant aussi tout angle mort potentiel?
  • Quelles sont les particularités de vos actifs et de vote stratégie d'entreprise qui assureront la résilience à long terme?
  • Quelles options développez-vous pour l'avenir afin d'être concurrentiels dans une économie plus sobre en carbone?

Quels processus avez-vous mis en place pour évaluer le risque que court Suncor relativement au carbone et qu’est-ce qui ressort de cette évaluation sur le niveau de risque auquel l’entreprise est exposée?

Cela est décrit beaucoup plus en détail dans le rapport lui-même, mais j'essaierai d'aborder brièvement certains des points saillants.

L'une des premières choses à comprendre est que Suncor identifie, examine et évalue ce que nous appelons les risques principaux, qui incluent les prix des marchandises et les facteurs économiques et géopolitiques. Un risque principal est défini comme un risque pouvant avoir une incidence significative sur la capacité de Suncor d'atteindre ou de dépasser ses objectifs stratégiques. Le risque lié au carbone est l'un des principaux risques de Suncor.

Notre évaluation du risque lié au carbone est appuyée par nos perspectives annuelles sur la tarification du carbone, qui tiennent compte de la réglementation existante, de l'évolution probable de cette réglementation et de l'incidence qu'elle pourrait avoir sur nos actifs.

Les décisions en matière d'investissements et d'affectation du capital – y compris la décision d'approuver ou non les projets de croissance – sont évaluées par rapport à une série de variables, y compris nos perspectives en matière de tarification du carbone. Le but est d'assurer un taux de rendement compétitif sur la durée de vie de nos actifs.

Nous utilisons aussi trois scénarios en matière d'avenir énergétique à long terme, qui s'appuient en grande partie sur le travail réalisé par IHS Markit. Chaque scénario a une gamme de prix du pétrole implicite et incorpore l'incidence potentielle de la réglementation en matière de changements climatiques. Les trois scénarios tiennent compte des aspirations mondiales actuelles à réduire les émissions de carbone; ce qui les distingue, ce sont le contexte, le rythme et l'ampleur de leur réalisation.

Il est important de noter que ces scénarios ne sont pas des prévisions, mais une exploration de ce qui pourrait arriver. Les trois scénarios sont également plausibles (bien que non inévitables) et chacun toucherait notre environnement d'exploitation et notre stratégie d'entreprise de manières très différentes.

Les scénarios ne sont pas coulés dans le béton. Nous surveillons les balises pour identifier les changements externes qui pourraient toucher notre avenir énergétique et par conséquent, la stratégie d'entreprise de Suncor. Ces balises incluent les changements touchant la demande et l'offre d'énergie à l'échelle mondiale, les indicateurs politiques et économiques, les données climatiques, les tendances en matière de politique, les progrès technologiques et les tendances de consommation.

Deux choses ressortent sur le plan du risque lié au carbone que court Suncor. D'abord, les trois scénarios font ressortir le fait que la résilience à long terme dépend d'une diminution à la fois des coûts et de l'intensité carbonique dans l’ensemble de la chaîne de valeur de l'énergie. Deuxièmement, même dans le scénario qui verrait un délaissement rapide des combustibles liquides, aucun des actifs de Suncor ne risque de devenir inexploitable et nous sommes positionnés pour continuer de rapporter de solides rendements aux actionnaires.

C'est donc dire que la mise en valeur des sables pétrolifères demeure résiliente même dans un monde beaucoup plus sobre en carbone? Est-ce vraiment le cas?

Je reconnais que dans certains milieux, cette conclusion semble très paradoxale. On pourrait être porté à croire que face à un avenir énergétique incertain, les actifs à long terme comme les sables pétrolifères devraient courir un plus grand risque de devenir inexploitables. Mais en fait, les caractéristiques de cette ressource suggèrent le contraire : nous sommes bien positionnés pour continuer à créer de la valeur pour les investisseurs à la lumière des différents scénarios énergétiques possibles.

Nous testons notre stratégie pour le secteur Sables pétrolifères et notre stratégie de croissance par rapport à nos trois scénarios énergétiques à long terme. Pour chacun des trois scénarios, y compris celui qui envisage le plus grand déclin de la demande en pétrole, nous croyons qu’une quantité importante de pétrole sera requise pendant des décennies. La réponse à cette demande, à des prix du pétrole bas ou hautement volatils, sera un défi pour les exploitants ayant des réserves de plus courte durée. Ils trouveront de plus en plus difficile de financer l'exploration et le développement requis pour compenser le déclin, sans parler d'accroître la production.

Donc, bien que souvent décrits comme le bassin pétrolier le plus vulnérable à un scénario de faible demande en pétrole, nos actifs présentent paradoxalement, grâce à leur très longue durée d'exploitation et leur faible taux de déclin, un avantage concurrentiel dans un scénario de baisse de la demande en pétrole brut et donc de prix du brut plus bas, ou de période prolongée d'incertitude et de volatilité des prix.

La principale raison est qu'une fois en exploitation, les projets de sables pétrolifères s'apparentent davantage à des installations de fabrication. La production ne subit pas de pic ni de déclin rapides et nous n'avons pas besoin de faire appel au marché pour réunir des capitaux d'exploration et de développement, car un volume important de la ressource a déjà été découvert et est situé à proximité des installations de surface existantes. Au lieu de cela, nous pouvons essentiellement récolter les fruits de l'investissement fait il y de nombreuses années pour produire du pétrole pendant des décennies à venir.

Rien de cela ne nous dégage de nos responsabilités en matière de performance environnementale. Pour demeurer compétitifs à l'avenir, notre objectif est de continuer à réduire les coûts et l'intensité carbonique de nos activités afin d'être un fournisseur de pétrole brut de choix à l'échelle mondiale.

Quelles sont certaines des options que Suncor développe pour assurer sa place dans une économie sobre en carbone?

La liste n'est pas exhaustive, mais, selon mois, il y a cinq options majeures qui se démarquent.

La première est de démontrer du leadership en ce qui concerne nos objectifs et aspirations énoncés publiquement. En 2016, Suncor a adopté un nouvel objectif de rendement ambitieux – réduire l'intensité globale des émissions de GES de ses produits de 30 % d'ici 2030. Nous savons qu'il ne nous sera pas possible d'atteindre cet objectif sans intégrer les considérations du risque lié au carbone à tous les aspects de nos activités.

Une deuxième option clé est notre engagement à l'égard de la technologie et de l'innovation. Bien que de nombreuses sociétés énergétiques aient réduit leur investissement dans la technologie dans le récent environnement de bas prix, ce n'est pas le cas de Suncor. Nous investissons stratégiquement dans de nouvelles technologies – y compris des procédés d'extraction in situ de nouvelle génération – qui offrent la possibilité de transformer la production de bitume. Au cours des 10 prochaines années, nous croyons que la technologie réalisera les progrès nécessaires pour que les bruts des sables pétrolifères soient une source de brut à faible coût et sobre en carbone.

Une troisième option est le rôle de Suncor dans la production d'électricité sobre en carbone et renouvelable. Depuis 2002, Suncor a investi dans plusieurs projets d'énergie éolienne. Nous sommes aussi un producteur relativement important d'énergie de cogénération. La nécessité d'utiliser de la vapeur à nos installations crée la possibilité de recourir à la cogénération à haut rendement pour fournir de la vapeur et de l'électricité à nos installations tout en acheminant de l'électricité excédentaire à plus faible intensité carbonique au réseau de distribution d'électricité. 

Nous évaluons d'autres investissements dans ce secteur. La valeur de la cogénération dans un système énergétique en transition est considérable. En plus de fournir une production de base efficace pour gérer le caractère intermittent de l'énergie éolienne et solaire, la cogénération peut remplacer la production à partir de charbon par une énergie à intensité carbonique beaucoup plus faible.

Une quatrième option que nous explorons est d'investir dans des entreprises externes dont les idées technologiques sont alignées avec les besoins stratégiques de notre entreprise. Un bon exemple est notre investissement dans les progrès technologiques potentiels de la technologie du biodiesel, ce qui reflète notre opinion que la demande de carburant diesel demeurera forte.

La cinquième option est, selon moi, souvent négligée quand il est question de risque lié au carbone - l'importance de maintenir un bilan sain. Au lieu de miser aujourd'hui sur une série de solutions non prouvées pour réduire l'intensité carbonique, nous croyons qu'il est censé de préserver la flexibilité financière de pouvoir investir dans les solutions gagnantes qui se démarqueront clairement. Cela gère le risque lié au carbone tout en étant un moyen plus efficace d'améliorer la performance environnementale.

Il y a encore beaucoup d'incertitude au sujet de la voie à suivre pour respecter les buts et les cibles liés aux changements climatiques à l'échelle mondiale. Est-ce que Suncor croit que la tarification du carbone est un premier pas essentiel?

En bref, la réponse est oui. Nous continuons de croire qu'une taxe sur le carbone étendue, appliquée équitablement à la fois aux producteurs et aux consommateurs d'énergie, est l'outil le plus efficace pour faire progresser les technologies sobres en carbone et encourager les choix sensés en matière d'énergie. C'est pourquoi en 2016, Suncor est devenue un signataire du Carbon Pricing Leadership Coalition, une initiative volontaire visant à promouvoir la mise en œuvre réussie de la tarification du carbone à l'échelle mondiale. C'est aussi pourquoi nous continuons de travailler étroitement avec la Commission de l'écofiscalité du Canada, qui réunit divers groupes d'intérêts pour examiner les solutions de tarification du carbone qui semblent les meilleures et les plus pratiques.

Cela dit, nous devons aussi faire preuve de lucidité face à certaines réalités courantes. Comme la Commission de l'écofiscalité l'a fait remarquer, les règles du jeu en matière de tarification du carbone ne sont pas les mêmes partout dans le monde. Des secteurs exposés comme l'industrie pétrolière et gazière vendent leurs produits sur les marchés mondiaux, où ils sont en concurrence avec les territoires qui n'appliquent pas de pénalité liée au carbone. Il existe donc un risque de transfert des investissements donnant lieu à ce qu'on appelle parfois le phénomène de « fuite de carbone », où la demande en énergie est satisfaite par d'autres territoires et les émissions de carbones produites sont égales ou plus élevées. De cette manière, le Canada pourrait s'exposer à des pertes économiques sans qu'il n'y ait de changement positif au chapitre des émissions mondiales.

À l'avenir, ce dont nous avons besoin, ce sont des politiques sur le carbone qui trouvent un juste équilibre entre la performance en matière d'émissions et la compétitivité. Nous croyons que de telles politiques pourraient prévenir la fuite de carbone, tout en permettant au Canada de développer ses ressources naturelles de façon durable et en aidant à financer la transition vers une économie plus sobre en carbone.